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La Cigale et la Fourmi - Une comparaison France-Allemagne

lundi 30 janvier 2012, par georges

L’Allemagne est citée à maintes reprises comme un modèle à suivre en matière économique et sociale. Effectivement, même si l’Allemagne est « presque » aussi endettée que la France (82% contre 86% du PIB), et si nous aurons du mal à la rattraper au niveau de la compétitivité industrielle, elle a montré l’exemple pour les réformes à suivre ; celles-ci lui ont permis d’atteindre en 2011 son plus bas taux de chômage depuis 20 ans (6,8% contre 9,7% en France) et de connaitre une augmentation constante de son excédent commercial, d’où évidemment sa sauvegarde du AAA.
Quelques comparaisons montrent comment le gouvernement allemand a su prendre, bien avant les réformes courageuses du quinquennat de Nicolas Sarkozy, et avant la crise, des mesures douloureuses mais nécessaires (rappelons que c’est d’ailleurs en grande partie un gouvernement « socialiste », celui de Gerhard Schröder qui en est à l’origine) :

  • En matière de retraite, l’âge légal de départ est aujourd’hui de 65 ans en Allemagne (62 ans en France) y compris pour les fonctionnaires (il n’y a pas ces multiples régimes « spéciaux » que nous avons en France) ; il faut 45 années de cotisations pour une retraite à taux plein (41,5 en France) ; on peut partir avant avec une décote, avec un minimum de 35 années de cotisations, mais à partir de 63 ans seulement (en France 61 ans).
  • La durée légale du travail est de 37,6 heures par semaine en moyenne en Allemagne (il y a des durées différentes selon les branches), 35 heures en France. Comme l’a montré une étude récente, les Allemands travaillent 1904 heures par an en moyenne s’ils sont à temps plein, les Français 1679 heures, soit 6 semaines de moins par an. Les comparaisons de la gauche montrant que les Allemands ne travaillent pas plus que les Français sont faussées car elles prennent en compte le temps partiel, nettement plus important en Allemagne.
  • En effet, il a été créé en 2003 des « mini-jobs », des emplois très partiels et moins taxés qui permettent à certaines personnes de travailler, par exemple, 20 heures par semaine pour 400 EUR par mois dans un supermarché. On est loin du SMIC français (il n’y a d’ailleurs pas de SMIC en Allemagne), et le montant n’est pas suffisant pour vivre, mais il sert d’appoint et est une alternative à une allocation chômage ou un RSA.
  • La flexibilité du travail a été expérimentée depuis 1993 en Allemagne, où un chômage partiel avait contraint les ouvriers de Volkswagen à travailler 29 heures par semaine, avec 16% de baisse de salaire. Cette réduction de la durée du travail permet d’éviter des licenciements et d’avoir la main d’œuvre nécessaire dès que l’activité redémarre.
    De même, les salariés de la métallurgie (Siemens par exemple) ont accepté des blocages de salaire, ou même une augmentation de la durée de travail à salaire égal pour améliorer la compétitivité de leur entreprise ; depuis, l’activité a repris et un accord a été obtenu pour des contrats quasiment « à vie » et des augmentations de salaire conséquentes.
  • Dans le domaine de la fonction publique, l’Allemagne a bien réduit son nombre de fonctionnaires : le ratio est de 50 fonctionnaires pour 1000 habitants, contre 90 pour la France, et leurs salaires représentent 7% du PIB, contre 12% en France. Le budget de l’éducation nationale est de 83 Mds EUR en France, 60 Mds EUR en Allemagne, et les Allemands ne sont pas moins bien « éduqués ».
  • L’apprentissage y a été mis en œuvre depuis longtemps avec succès : il n’est pas considéré comme un moyen d’insérer les jeunes en difficulté et tous les jeunes en profitent et en redemandent. Comment ne pas s’étonner de la différence de mentalité avec la France où le travail manuel est dévalorisé et où des employeurs sont obligés d’aller chercher des apprentis en ….Allemagne (c’est le cas récent d’un pâtissier parisien !)

Ceci dit, il est évident que les Allemands subissent aussi la crise actuelle, et que tout n’y est pas parfait. L’histoire, les rapports sociaux, ne sont pas les mêmes. Cependant, le souhait de convergence exprimé par Nicolas Sarkozy est une très bonne initiative ; il ne s’agit pas, quoiqu’ont pu en dire certains membres du PS, d’être à la remorque ou aux ordres de l’Allemagne car les 2 pays ont les mêmes contraintes d’assainissement de leurs finances publiques et il s’agit de prendre exemple sur ce qui marche ; nos voisins d’outre-rhin ont, qu’on le veuille ou non, un certain nombre de leçons à nous donner.

L’auteur est marié à une allemande et effectue des séjours fréquents en Allemagne : Bavière, Sarre et Rhénanie-Palatinat





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