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Le triple défaut de François Hollande

jeudi 19 janvier 2012, par pascal

Avec la dégradation de la note française par l’agence S&P, on ne pouvait rien attendre d’autre de François Hollande qu’un violent réquisitoire contre la politique de Nicolas Sarkozy. Mais l’attaque (...) ne rend pas le candidat socialiste plus présidentiable. L’épisode souligne, au contraire, trois des principaux défauts de l’intéressé.
Le 1er est l’inexpérience. Dans la tempête que traverse l’Europe, la France a plus que jamais besoin d’un capitaine aguerri, capable de prendre des décisions rapides et pertinentes. Depuis 30 ans qu’il fréquente les corridors de la politique, François Hollande est surtout connu pour ses facultés de commentateur. S’il parle et critique beaucoup, il n’a jamais eu l’occasion de se frotter à la réalité du pouvoir. D’où, sans doute, son incapacité à formuler des propositions claires, à procéder autrement que par tâtonnements. François Hollande, c’est l’inconnu.
Le 2e est l’immobilisme. On peut reprocher beaucoup de choses à Nicolas Sarkozy, mais pas sa détermination à adapter notre pays aux exigences du 21e siècle. Le candidat socialiste n’est pas dans cet état d’esprit. Il s’est opposé à la réforme des retraites, et bataille contre la réduction des effectifs de la fonction publique. Il est hostile à la règle d’or d’équilibre budgétaire, et préconise un affaiblissement de notre industrie nucléaire. Inutile de dire que pareille politique n’est pas faite pour renforcer la compétitivité de la France, ni améliorer ses comptes. François Hollande, c’est la dépense.
Le 3e handicap du prétendant à la fonction suprême est son entourage. François Hollande est un homme sous influence. Celle de son propre parti, dont le feuilleton de la primaire a montré l’étendue du dogmatisme. Celle de ses alliés écologistes et communistes aussi, qui ne se privent de le rappeler à l’ordre de leurs priorités. François Hollande ne peut à la fois plaire à ses camarades et promettre à la France un avenir meilleur. C’est irréaliste.


Edito d’Yves Thréard, Le Figaro du lundi 16 janvier 2012





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