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Les 35 heures

dimanche 16 janvier 2011, par Roselyne

Questions/réponses pour ouvrir le débat sur les 35 heures

Pourquoi voulez-vous supprimer les 35 heures ?

Nous voulons simplement poser la question de la place du travail dans notre société. Pour nous, les 35h ne sont ni une vache sacrée ni un dogme intouchable et la question du temps de travail n’est pas un débat idéologique. Si des entreprises peuvent se permettre de travailler 30h en étant compétitives et sans coûter aux contribuables, tant mieux ! Mais malheureusement, avec les 35H obligatoires, ce n’est pas le cas !

La gauche a fixé la durée du temps de travail à 35 heures par idéologie, sans aucune logique économique. Elle a dit 35h, elle aurait pu dire 32h.

Ce qui nous importe, c’est de partir des faits, pour ne pas tomber dans le même travers que Martine Aubry.

1/ Le premier fait, c’est l’état catastrophique de nos finances publiques : après la crise grecque ou irlandaise, les 35 heures sont un luxe que l’Etat et donc les Français n’ont plus les moyens de payer ! La réduction du temps de travail a en effet été compensée par l’Etat, et donc par le contribuable, à travers des allègements de charges :

  • Le coût total des allègements de charges est de 22 milliards d’euros en 2010, dont 12 milliards au titre de la compensation des 35 heures, auxquels il faut rajouter environ 4,5 milliards pour l’exonération des heures supplémentaires.
  • Au total, plus de 15 milliards d’euros sont ainsi destinés à compenser le coût des 35 heures : c’est plus que le déficit cumulé de l’assurance maladie (10,6 mds €) et de l’assurance chômage (3 mds€) ! Il faut être clair : nous faisons payer nos RTT d’aujourd’hui par les générations à venir ! Nous devons donc supprimer ou réduire progressivement les allègements de charges correspondant aux 35 heures. D’autant plus que nous sommes dans une logique paradoxale où le contribuable paie deux fois :
  • une première fois pour que les Français travaillent moins (allègements de charges pour les 35H)
  • et une deuxième fois pour qu’ils travaillent plus (exonérations de charges sur les heures supplémentaires) ! Cette « double peine » est un luxe dont nous n’avons plus les moyens

Ces estimations ne rendent pas compte du coût direct de la mise en place des 35 heures pour l’Etat qui s’est traduit a minima par une augmentation de la masse salariale de 2,5 milliards d’euros par an, sans compter les coûts induits par la restructuration de la fonction publique et une désorganisation visible de certains services publics comme à l’hôpital !

2/ Deuxième fait incontestable : les entreprises françaises perdent en compétitivité par rapport à leurs voisines allemandes.

La question n’est pas de se comparer à la Chine ou à l’Inde mais à nos voisins, qui partagent la même monnaie que nous, à commencer par les Allemands. Or, l’entrée en vigueur des 35h a conduit à un décrochage très net de notre pays :

  • le coût de la main d’œuvre a augmenté de 30% en France entre 2000 et 2008 alors, que, sur la même période, il augmentait de 15% en Allemagne.
  • Fin 2009, le coût horaire de la main d’œuvre était ainsi bien plus élevé en France que chez ses principaux concurrents européens : 33,2 euros par heure, contre 30,6 en Allemagne, 28,2 euros dans la zone euro et 24,3 euros dans l’ensemble de l’Union européenne… comment notre pays peut-il espérer rester compétitif quand une heure de travail coûte 5 euros plus cher en France que dans le reste de la zone euro ? Conséquence directe des 35H, l’emploi salarié industriel a décroché en France à partir de l’an 2000 (-12% entre 2000 et 2007) et la part des exportations françaises dans la zone euro est passée de 17% en 1998 à 13% en 2010…

3/ Il n’y aura pas d’amélioration notable des conditions de travail et du pouvoir d’achat en gardant le plafond actuel.

Tous les gains de productivité français passent dans le rattrapage du retard pris à cause des 35h. Résultat : pas d’augmentation sensible des salaires et une pression maximum pour les salariés français.

Nous voulons redonner des marges de manœuvre aux salariés français, pour qu’ils puissent profiter de leurs gains de productivité, pour qu’ils puissent travailler mieux et gagner plus. Relancer la négociation dans les entreprises sur la durée du temps de travail, c’est ouvrir des perspectives aux salariés qui vont pouvoir échanger leur temps de travail supplémentaire contre d’autres avantages.

4/ Une société qui voit le travail comme un mal à limiter est une société qui bouche l’horizon des jeunes générations.

Un sondage récent vient de classer les Français parmi les 5 nations les plus pessimistes du monde. Pour nous, il y a un lien entre cet état d’esprit et la question du travail dans notre société. Nous voulons donc remettre la question de la place du travail en France au cœur du débat. Le travail n’est pas une aliénation mais une source d’épanouissement personnel, social…





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